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  • : Tout d’abord, ce blog est dédié au cardinal Jean Gropper (1503 – 1559) ainsi que nous y vous faire suivre l’évolution de notre site officiel à son sujet. On cherche à y faire évoquer les idées et l’imagination de cette grande époque cruciale de l’histoire européenne. Nous le ferons de sorte d’y ébaucher nos idées à tous sujets aussi que nos projets d’arts en tant que brouillon d’une façon détaché pour provoquer une discussion pour mieux affronter les actuels questionnements sociaux et culturels.
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Il n'est pas nécessaire d'espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer
Guillaume le Taciturne (1533 - 1584) de Vader des Vaderlands

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Lundi 5 mai 2008 1 05 /05 /Mai /2008 21:59
  • 27 février 1531, les Etats protestants formaient la Ligue de Schmalkalden, conçue comme alliance défensive contre les prétentions du côté de l’empereur. Les Princes protestants auraient pourvu la Ligue des fonds nécessaires pour que La Ligue pût faire lever des troupes indépendamment de la situation financière des adhérents respectifs. Ainsi, l’Empereur aurait dû faire face à une nouvelle menace imminente à l’intérieur de l’empire d’autant plus que ce nouvelle puissance militaire se sera bientôt orientée vers la France afin d’y trouver de l’aide indispensable. La fondation de La Ligue de Schmalkalden aurait tout à fait scellé le schisme allemand.
  • L’avancée des armées turques vers Vienne fut enfin arrêté par le combat héroïque d’une petite ville en Hongrie occidentale.
  • 11 octobre 1531, les troupes des cantons protestants en Suisse furent défaites près de Kappel où Zwingli fût tombé sur le champ de bataille.
  • 23 octobre 1531, signature du traité de Kappel.
  • 17 avril 1532, la diète de Ratisbonne avait lieu sans participation du côté des Etats protestants.
  • 9 juin 1532, le parti catholiques réclamait la convocation d’un Concile général auprès de l’Empereur. En même temps, on eût cédé au Pape le choix du lieu et toute décision à l’égard des participants de l’assemblée ainsi qu’à ce que concerne les questions relatifs au suffrage.
  • 23 juillet 1532, la paix de Nuremberg entre Charles Quint et les Princes protestants.
  • 13 décembre 1532, rencontre entre Charles Quint et Clément VII à Bologne où l’Empereur s’entendit avec le Pape sur ce qu’un Concile aurait dû avoir lieu en Italie.
  • Juin 1534, il y avait de nouveaux désaccords entre catholiques et protestants au sujet d’une définition de ce que ce soit après tout un Concile chrétienne.
  • Du 11 octobre jusqu’au 12 novembre 1532 François 1er et Clément VII se rencontrèrent à Marseille. De plus, Henri VIII d’Angleterre aurait fait de son côté appel à un futur Concile. Au Danemark, la Réforme se fût imposé partout sous le règne de Chrétien III.
  • 13 octobre 1534, Alexandre Farnèse eût rallié la majorité de suffrages lors du Conclave et accédait à la papauté sous le nom Paul III. Il fit toujours rappeler l’urgence de convoquer un concile dès son intronisation.
  • 15 janvier 1535, au préalable d’un Concile, Paul III fit nommer des légats afin de procéder au sondage de la situation politique. En particulier, ce furent Pierre Paul Vergerio qui fut envoyé auprès de l’Empereur, Carpi qui fut légat à la cour de France et enfin Guidiccion auquel le Pape confiait l’ambassade en Espagne.
  • 20 décembre 1535, François 1er consentait enfin à ce que l’on puisse convoquer un Concile sous condition que la participation de tous côtés serait assuré par moyen d’un accord stable sur la paix.
  • 23 décembre 1535, après que l’on avait fait concéder aux protestants allemands l’accord de vouloir complaire à l’ensemble de leurs revendications à ce qui concerne la convocation du Concile, ils eussent ensuite abandonné tout accord pour en revenir à l’exigence qu’un tel Concile ne pourrait être tenu qu’en Allemagne afin de garantir qu’il puisse être « chrétien et libre ».
  • Février 1536, accord entre La France et les turcs, après quoi les troupes française auront envahi la Savoie.
  • Du 6 au 9 mars 1536, Hermann de Wied, l’archevêque de Cologne, fit tenir un Concile provincial dont la réalisation et présidence il aurait eu conféré à son principal conseiller et garde de sceaux, Jean Gropper. Du fait, ce n’était nul autre que lui qui avait suggérer un tel synode à l’archevêque pour entamer au moins les réformes les plus urgentes dans l’archidiocèse. Après la clôture du synode, Jean Gropper se fût mit à la surveillance des décrets réformateurs avant qu’il aura plus tard fait imprimer les statuts de ce Concile sous forme d’annexe à son Enchiridion qu’il avait conçu pour l’enseignement des prêtres.
  • Du 5 jusqu’au 18 avril 1536 il y avait plusieurs entrevues consécutives entre Paul III et Charles Quint lors desquelles on se fût entendu sur la convocation immédiate du Concile.
  • 4 juin 1536, promulgation de la bulle « Ad Dominici Gregis » par laquelle Paul III fit convoqué le Concile pour le 23. juin 1537 à Mantoue.
  • Juin 1536, les hostilités entre Charles Quint et François Ier seront repris.
  • A noël 1536, Martin Luther fit publier les Articles de Schmalkalden pour consigner les prétentions et revendication de la part du protestantisme allemand en vue du Concile afin d’uniformiser les idées divergentes. De cette façon, Luther voulait faire parler le protestantisme d’une seule voix. Quand même, Martin Luther n’avait point tenu compte des besoins des Eglises réformées en Suisse aussi que de ceux en Haute Allemagne. Enfin, se fut Philippe Melanchthon qui avait su empêcher que Luther aura pu s’imposer dans la Ligue de Schmalkalden où les articles ne furent enfin pas adoptés.
  • Février 1537, la commission curiale pour la réforme de l’Eglise soumit au Pape son avis à l’égard d’un épurement de l’Eglise des abus du pouvoir. Ensuite, les cardinaux l’auraient fait publier sous le titre « De emendanda Ecclesia ». Dans ce communiqué, les cardinaux auraient conseillé au Pape de prendre immédiatement de graves mesures réformatrice. En effet, l’envergure de leurs recommandations était sans pareil. On aurait suggéré au Pape de faire instantanément changer de cap de la politique. Ainsi, les cardinaux exigeaient de faire réformer l’ensemble de l’administration curiale. On suppliait le Pape d’y intervenir d’une façon incisive. De même, ils auraient demandé des changements radicaux relatifs à l’exercice du pouvoir de la part du Pape lui-même. En outre, la commission eût préconisé une nette réforme à grande échelle visant à toute expression religieuse. De même, les membres de la commission auraient enfin recommandé d’entreprendre toute action nécessaire pour supprimer les abus et la superstition apparente dans les traditions de la foi populaire.
  • 23 avril 1537, le pape n’arrivaient Pas à faire amadouer le duc de Mantoue. Eu égard aux exigences démesurées de son côté, le Pape ne lui eût point pu cédé sur ces requêtes présomptueuses. Après tout, le duc de Mantoue finit par refuser son consentement pour tenir le Concile à Mantoue. Puis, le roi de France le fit autant. C’est enfin pourquoi l’ouverture du Concile sera suspendue une première fois. En effet, la convocation fut remis au 1 novembre 1537. Quand même, l’arrêt à cet égard n’avait pas indiqué où que le Concile aura dû enfin être convoqué. De plus, Henri VIII d’Angleterre craignit en ces temps qu’une ligue continentale contre son pays se ne formât. Désormais, il se sera opposé à tous efforts de le faire tenir.
  • 8 octobre 1537, le Concile fut de nouveau prorogé. Cette foi, on l’eût remis au 1 mai 1538 encore sans indication de lieu.
  • 25 avril 1538, suspension du projet pour un temps indéterminé.
  • Le 18 juin 1538, Charles Quint et François Ier conclurent un cessez-le-feu à Nice.
  • Le 28 juin 1538, la suspension du Concile fut continue. Somme toute, c’était pour la quatrième fois que l’on eût décalé la convocation. Alors, le pape annonça l’ouverture du Concile pour le 6 avril 1539 à Vicence.
  • Le 19 avril 1539, l’empereur et la Ligue de Schmalkalden s’entendirent sur un cessez-le-feu à Francfort.
  • Le 21 mai 1539, Paul III suspendit de nouveau tous projets au sujet d’un Concile pour ce moment.
Par Enguerrand - Publié dans : La Réforme Catholique au Fil de l'Histoire
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Lundi 5 mai 2008 1 05 /05 /Mai /2008 00:07

Après la promulgation de l’acte de suprématie en Angleterre, Henri VIII n’était plus intéressé à faire continuer la politique en faveur de la réforme catholique. Le roi anglais aura dès lors abandonné tout projet de faire forger une ligue continentale contre le protestantisme. En outre, il fit déclaré exprès de vouloir désormais empêcher la convocation d’un tel Concile général[1] .


[1] Cf. Jedin, Hubert, Bündnispolitik und Glaubensformeln. Dans: Jedin, Hubert, (éditeur): Handbuch der Kirchengeschichte, tome IV, Fribourg en Breisgau 1985, p. 349.

Par Enguerrand - Publié dans : La Réforme Catholique au Fil de l'Histoire
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Dimanche 4 mai 2008 7 04 /05 /Mai /2008 23:44

La France s’était enfin remis des longues périodes de guerre qui eussent eu quand même couvert plus d’un siècle de l’histoire français à la suite de la disparition des Capétien direct. Du fait, on venait juste de mettre fin à la Guerre de Cent Ans. Quoique les hostilités eût été arrêtées dès l’année 1453 après la bataille de Castillon et la conquête consécutive de la Guyenne par Jean Poton de Xaintrailles ayant totalement fait chassé les Anglais de France, la paix ne sera cependant point conclu avant le 29 août 1475 date à laquelle on fit enfin signer le traité définitif  à Picquigny en Picardie. Les Valois auraient aussitôt renoué la politique de rassemblement des fiefs en déshérence pour réunir les grands fiefs à la couronne de France afin de la raffermir. La consolidation de la nation française. Enfin, la transformation de la France d’un état féodal en un Etat territorial atteignit alors à son terme. Sous le règne des Valois, grands mécènes d’art, très souvent eux-même des poètes, écrivains et savants, la France se fut relevé des décombres du passé tel le phénix qui se fût envolés des cendres de sorte de faire renaître en France les beaux arts, la littérature et les sciences. L’essor qu’eût connu en France la vie culturelle était tout à fait éblouissant. Quand même, les ambitions des rois français les eût tantôt amené à jeter leur dévolu sur l’Italie, berceau de la Renaissance, sitôt que la maison angevine avait disparu. En 1525, c’était le jeune François d’Angoulême, tout le baroudeur qu’il fut, aurait aussitôt poursuivi la politique italienne de ses prédécesseurs dès son accession au trône. Néanmoins, la France se fût heurté à la résistance du côté de l’empereur. La politique d’expansion aura embarqué la France dans l’aventure qui fit enfin enchevêtrer ses forces dans l’imbroglio de la politique italienne. François Ier aurait dû éprouvé la rage de Charles Quint. Fait prisonnier lors de la bataille de Pavie en 1524, François 1er fut ensuite emmener à Madrid. Abandonné à la solitudes des geôles madrilènes, prisonnier à la merci de l’Empereur, il n’en sera point relaxé qu’après des aussi longues que dures négociations du côté de sa sœur Marguerite, le 14 janvier 1526. Ainsi, le roi aurait admis tout moyen susceptible de faire affaiblir le pouvoir de Charles Quint. Après tout, sa majesté très chrétienne n’aurait même pas reculé devant une alliance avec l’empire osmanlis. De même, François Ier aurait su rallier le protestants allemands à sa politique. En effet, le soutien du protestantisme allemand aura enfin devenu un principe général de la politique français. Rival de Charles Quint dès son élection, François 1er se fut opposé à tout effort de la part de l’Empereur de faire convoquer un Concile[1]. Toute action politique du côté du roi à l’égard d’un futur Concile était marqué par une tergiversation hors pareil. Ainsi, sa politique religieuse fit apparaître la peur de ne pas faire évoquer une soumission quelconque à l’égard de l’Empereur. Quand même, le roi aurait pu se permettre une telle politique à tout risque car l’Eglise de France lui était assujettie dès le concordat de Bologne du 18 août 1516 où le pape avait accordé la mise en place du régime de la commende aux rois de France. Désormais, les évêques ainsi que les abbés ne seront plus élus par les chapitres ou couvents respectifs mais sont alors choisis par le roi. Ensuite, le pape investit les candidats royaux spirituellement avant que le roi leur fît enfin conférer la charge temporelle après lui avoir prêté serment de fidélité préalablement à l’investiture. Ainsi, ce n’est point étonnant que l’ensemble de l’épiscopat français se fût rallié au roi.


[1] Ce ne sera qu’après que les huguenots auront enfin gagné de plus en plus de terrain que la France se fût décidé à faire changer de cap de la politique à l'égard de la religion. Dès lors, la la France aurait appuyé tout à fait la réouverture du Concile qui fut alors depuis peu suspendu. Depuis, La France devint l’une des plus importantes forces motrices du mouvement réformateur du catholicisme. C'était maintenant le cardinal de Lorrain qui aura joué le principale rôle dans la politique religieuse de la France. Après tout, il aura su imposer les conceptions françaises lors de la dernière session du Concile de Trente. 

Par Enguerrand - Publié dans : La Réforme Catholique au Fil de l'Histoire
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Dimanche 4 mai 2008 7 04 /05 /Mai /2008 00:45

Depuis 1525, quand le grand-maître de l’Ordre teutonique, Albrecht de Brandebourg, avait réussi la sécularisation les territoires de l’ordre en Prusse en muant la collectivité territoriale ecclésiastique en possession héréditaire pour sa famille en s’emparant du fait des prébendes et des biens ecclésiastiques, une vaste majorité des prélats dans l’Empire germanique aura désormais cherché à en faire tout autant. En effet, aucune puissance aurait pu contenir l’idée après qu'elle fût une fois relâchée. Donc, c’était devant ce fond que ceux qui eussent quand même tenu ferme à l’ancienne foi de furent dès lors menacés de la part des Etats protestants qui en voulaient nettement non seulement à l’intégralité territoriale des fiefs ecclésiastiques mais aussi à l’ensemble des possessions de l’Eglise. Or, les évêques catholiques courraient de plus en plus le risque de perdre leur suzeraineté, leur influence politique voire leur suprématie spirituelle. De plus, le schisme eut pénétré dans les chapitres mêmes ce qu’aura sous peu produit des graves ruptures au sein de l’Eglises de sorte que les évêques qui avaient toujours visé à une vraie réforme du catholicisme, se retrouvèrent dans le péril d’être évincer de la part de leurs chapitres. Après tout, un large nombre d’eux eussent considéré dans une réforme de quelle façon un véhicule pertinent pour faire vulgariser leurs idées. Ainsi, plusieurs évêques se fussent enfin embarqué dans la réforme qui leur paraissait plus facile pour aboutir leurs propres projets réformateurs. Donc, les évêques et abbés qui avaient toujours su résister à toute novation par fidélité à la papauté pape, furent quand même contrainte à voir que la réformation gagnait largement du terrain dans leurs pays et territoires.

Par Enguerrand - Publié dans : La Réforme Catholique au Fil de l'Histoire
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Samedi 3 mai 2008 6 03 /05 /Mai /2008 20:04

Pour les protestants la réforme offrit l’unique opportunité pour se défaire des autorités ecclésiastique. De plus, les partisans de la nouvelle foi l’eussent tout à ffait considéré comme l’occasion même pour faire assurer leur indépendance à l’égard du souverain impérial ainsi que pour se démettre tout à fait de peu de restes de son autorité. A cela près, la réforme leur eût déblayé le chemin pour s’emparer des biens ecclésiastique ainsi que de faire muer les fiefs d’Eglise en fiefs héréditaires ce que leur eût après tout permis de faire étendre largement leurs possessions territoriales et leur influence.

Depuis l’affiche des thèse de Luther en 1518, le développement du côté du protestantisme se fût tout à fait précipité. Après tout, c’était alors nul autre que Luther qui avait encore fait assigné la plus haut autorité en matière de la foi à un concile générale. D’après lui, ce ne fût que l’autorité d’un concile seul qui possédât enfin le divin pouvoir d’énoncer des jugements à l’égard de la foi ou même de procéder à la définition d’un dogme. Donc, selon Luther ce fût seul le concile auquel l’incombât toute décision décret à cet égard dont le Pape n’aurait ni l’autorité divine ni le pouvoir temporel pour en arrêter autrement. A ce rapport, Luther dit « En occurrence que le Pape soutînt une idée quelconque en conformité avec une part exclusive de l’Eglise, sous-entendu que l’ensemble de l’Eglise n’y eût eu consenti, il s’en fût ensuit tout à fait que le fait seul d’enseigner juste le contraire d’un tel décret ne pût point constituer une hérésie autant qu’un concile générale n’aura pas pris une décision définitive à ce sujet[1]. » Quand même, Luther aurait entre temps écarté toute pensée à se pourvoir en appel à un Concile général. Désormais, Luther eût démenti toute autorité ecclésiastique ce que l’aura amené à nier l’autorité même d’un Concile. Du fait, Martin Luther aurait eu depuis ces débuts conçu une idée d’une Eglise qui n’était plus congrue à ce que la tradition romaine en eût eu développé. Les divergences était nettes. L’entendement ce que Luther ainsi que son nouveau concept de l’Eglise eussent signifié la rupture avec l’Eglise. Ce n’était plus une réforme de l’Eglise à laquelle les efforts de Luther aurons visée, mais, au contraire, à l’abolition de l’hiérarchie apostolique. Son Eglise, ce n’était plus le Corps du Christ Jésus. Ses idées n’étaient  point susceptible de ranimer les réformes d’antan. Sous peu, Martin Luther avait fait abîmé tout effort à retrouver l’unité. A long terme, la nouvelle tradition qu’il eût instaurée aura fait échec à tout effort d’œcoumène[2].

 



[1] Cf. Luther, Martin, Resolutionen.

[2] Les deux principales piliers de son propre concept de l’Eglise étaient la prêtrise générale aussi que le principe d’Ecriture. Alors, Martin Luther avait tout à fait laissé tomber toute idée de d’une Eglise telle l’institution salutaire pour nos âmes étant autrefois instituée par le Christ Jésus, qui l’aurait eu de même pourvu du plein pouvoir apostolique s’étendant de même sur la conscience de l’homme, par moyen de ce même sacrifice d’où écoulera toujours son précieux sang pour la rémission de nos péchés, ce même sang qui aura dû nourrir l’Eglise qui n’est, après tout, que son vrai Corps visible, dont la papauté règne sur l’ensemble de l’hiérarchie telle la tête gouverne les membres d’un corps. C’est là, le moment venu où la conception d’un concile générale infaillible pourvu de la plus haute autorité au sens du « conciliarisme » n’aurait plus trouvé sa place dans le système de Luther. De même qu’une papauté qui n’aurait pu dorénavant que faire exercer certaines fonctions nécessaire pour la maintenance du pur et simple ordre à base de la  loi humaine qui s’eût été concrétisé en formes légales à travers de l’histoire du monde, Luther n’aurait plus pu admettre qu’un concile puisse procéder à la définition du dogme. L’hiérarchie fut désormais restreinte à l’exercice d’un pouvoir disciplinaire. Du fait, c’est l’Ecriture sainte qui aura constitué dès lors la seule norme en terme de fois pour Luther. Dorénavant, c’est le principe de l’Ecriture qui sous-tende l’Eglise au lieu du principe du sacrifice. Martin Luther aurait eu substitué le sang et le corps par l’Ecriture seul. C’est pourquoi qu’il n’était plus prêt à se soumettre sous l’autorité d’un concile générale sinon les décisions d’un tel concile ne fussent point conforme à ses propres interprétations de l’Ecriture. De cette façon,  Luther eût eu aboli toute autorité infaillible en matière de la foi ce que eût signifié qu’il niait et l’origine apostolique de l’Eglise et l’autorité apostolique des Conciles. 

Par Enguerrand - Publié dans : La Réforme Catholique au Fil de l'Histoire
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Jeudi 1 mai 2008 4 01 /05 /Mai /2008 22:44

Scène IX.

Paquier, Genevote.


Paquier, seul.


De feux, de charbons et de traits ? Cela n'est pas si aisé qu'on dirait bien.


Genevote, arrivant.


Comment se porte ton maître, Paquier ?


Paquier.


Il se porte comme se portait saint Laurent sur le gril : roussi, noirci et tout cela par feu.


Genevote.


Je ne sais pas s'il souffre ce que tu dis ; mais, je te puis assurer que, du jour qu'il commença de m'aimer, je commençai^de mériter la couronne du martyre. O Paquier, fidèle témoin de ma passion, dis à ton maître que sa chère et malheureuse Genevote verse plus d'eau de ses yeux que sa bouche en boit ; qu'elle soupire autant de fois qu'elle respire, et que ...


Paquier.


Mademoiselle, je vous prie, laissons là toutes ces choses ; parlons seulement de ce dont maître m'a commandé de vous entretenir. Dites-moi, avez-vous beaucoup de bois pour l'hiver ? car mon maître ne se peut passer de feu.


Genevote.


Sans mentir, j'aurais bien le cœur de roche, s'il n'était pénétrable aux coups des perfections de ton maître.


Paquier.


Bon Dieu ! quel coq-à-l'âne ! Répondez-moi catégoriquement ; n'avez-vous vu de feu Saint-Elme ?


Genevote.


Je ne sais de quoi tu me parles ; je voudrais seulement que Monsieur Granger ...


Paquier.


Vous ne savez donc pas que votre fréquentation a rempli mon maître de feu sauvage ?


Genevote.


Mon pauvre Paquier, si tu m'aimes, je te supplie, entretiens-moi d'autre chose ; parle-moi de l'amour que ton maître me porte.


Pauqier.


Ce n'est pas là ce dont j'ai à vous parler. Mais à quoi Diable vous sert de tourner ainsi la truie au foin ? Dites-moi donc, ferez-vous, cette année, du feu grégeois à la Saint-Jean ?


Genevote.


Plût à Dieu que je pusse découvrir ma flamme à ton maître, sans l'offenser ! car je brûle pour lui ...


Paquier.


Ah ! bon, cela.


Genevote.


D'un amour si violent, que je souhaiterais qu'un moitié de lui devint une moitié de moi-même ; mais la glace de son cœur ...


Paquier.


Eh bien, ne voilà pas toujours quitter notre propos ? Et tout cela, de peur que votre âme ne prenne feu parmi tant d'autres. Mais, ma foi, il n'en ira pas ainsi. Il y a trois feux dans le monde, Mademoiselle : le premier est le feu central ; le second, le feu vital ; et le troisième, le feu élémentaire. Ce premier en a trois sous soi ; qui ne diffèrent que par les accidents ; le feu de collision, le feu d'attraction et le feu de position.


Genevote.


As-tu fait dessein de continuer tes extravagances jusqu'au bout du jugement ?


Paquier.


Mais, vous-même, avez-vous fait dessein de me faire enrager jusqu'à la fin du monde ? Vous me venez parler de l'amour que vous portez à mon maître : voilà de belles sottises ! Ce n'est pas cela qu'on vous demande. Je veux seulement que vous sachiez que Monsieur Granger n'est qu'un feu follet, depuis qu'il vous a vue ; que bientôt, aussi bien que lui, vous arderez, s'il plaît à Dieu, du feu Saint-Antoine, et que ... Mais, où Diable pêcher de nouveau feu ? Ah ! par ma foi, j'en tiens, mademoiselle. Feu votre père et feu votre mère avaient-ils fort aimé feu leurs parents ? Car, feu le père et feu la mère de Monsieur Granger avaient chéri passionnément feu les trépassés ; et je vous jure que le feu est une chose si inséparable de mon maître, qu'on peut dire de lui, quoiqu'il soit plein de vie : Feu le pauvre Monsieur Granger, principal du collège de Beauvais. Or çà, il me reste encore les charbons et les traits.


Genevote.


 Je souhaiterais autant de science qu'en a ton maître, pour répondre à son disciple.


Paquier.


Oh ! Mademoiselle, je vous souhaiterais, non point autant de science, mais autant de charbons de peste, et de clous, qu'il en a ... Quoi ! vous en riez ? Et, je vous proteste, moi, qu'à force de brûler, il s'est tellement noirci le corps, que, si vous le voyiez, vous le prendriez plutôt pour un grand charbon que pour un docteur. J'en suis maintenant aux traits.


Genevote.


Tu lui pourras témoigner combien je l'aime, si tu l'as compris par mes discours ; et cependant, je suis bien assurée que son affection n'est pas réciproque.


Paquier.


Pour cette particularité, Mademoiselle, vous avez tort de vous en mettre en peine ; car il proteste tout haut de se ressentir des traits que vous lui jouez ; de réverbérer sur vous les traits dont vous le navrez ; et, de peur que, par trait de temps, les trait de votre visage ne soient offensés de traits de la mort, il vous peint avec mille beaux traits d'esprits dans un livre intitulé : La très-belle, très-parfaite et très-accomplie Genevote, par son très-humble, très-obéissant et très-affectionné serviteur, GRANGER.


Genevote.


Tu diras à ton maître que j'étais venue ici pour le voir, mais, que l'arrivée de ce capitaine m'a fait en aller. Je reviendrai bientôt. Adieu.


Scène X.

Châteufort, Paquier.


Châteaufort.


Eh ! mon Dieu, Messieurs, j'ai perdu mon garde. Personne ne l'a-t-il rencontré ? Sans mentir, j'en fera reproche à la connétablie, d'avoir fié à un jeune homme garde d'un Diable comme moi. Si j'allais maintenant rencontrer ma partie, que serait-ce ? Il faudrait s'égorger comme des bêtes farouches. Pour moi, encore que je sois vaillant, je ne suis point brutal. Ce n'est pas que je craigne le combat : au contraire, c'est le pain quotidien que je demande à Dieu tous les jours en me levant. On le verra, on le verra ; car par la mort, aussitôt que j'aurai retrouvé ce garde qui me gardait, je proteste de désobéir à quiconque, hormis à ce pauvre garde, me voudrait détourner de tirer l'épée. Holà ! garde-mulet, ne l'as-tu point vu passer, mon garde ? C'est un garde que les maréchaux de France m'ont envoyé pour m'empêcher de faire un duel, le plus sanglant qui jamais ait rougi l'herbe du pré aux Clercs. Ventre ! que dira la noblesse de moi, quand elle saura que je n'ai pas eu le soin de bien garder mon garde ? O toi donc ; malheureux petit homme, va-t'en signifier à tous les braves qu'ils aient à me laisser en patience dorénavant, pour ce qu'encore que mon garde ne soit pas ici, je suis sensé comme l'ayant. Je lui donnais deux pistoles par jour ; et, si je le puis retrouver, je promets à mon bon ange un cierge blanc de dix livres, et, à lui, de lui donner par jour quatre pistoles au lieu de deux. Enfin, je le rendrai si content de moi, qu'il ne souffrira pas que je m'échappe de lui, ou ce sera le plus ingrat homme du monde.


Paquier.


Eh bien, Monsieur, qu'importe, puisque vous voulez tuer votre ennemi, que ce garde vous air abandonné ? Vous pouvez, à cette heure, vous battre sans obstacle.


Châteaufort.


Oh ! chien de myrmidon, chien de filou, chien de grippe-manteua, chien de traîne-gibet, que tu es brute en matière de démêlés ! Où sera donc la foi d'un cavalier ? Quoi ? tu te figures à tromper lâchement, perfidement, traîtreusement, la vigilance d'un honnête homme qui me gardait, et qui, à l'heure que je parle, ne s'attend nullement que je me batte ? Ah ! plutôt le Ciel échappe à ses liens, pour tomber sur ma tête ! Moi, aggraver la faute d'un imprudent par une plus grande ! Si je pensais qu'un seul homme se le fût imaginé, pour me venger d'un individu sur toute l'espèce, j'envoierais défendre au genre humain d'être vivant dans trois jours.


Paquier.


Adieu, adieu.


Châteaufort.


Va toi-même à Dieu, poltron, et lui dis de ma part que je lui vais envoyer bientôt ce qui reste d'hommes sur la terre.

Acte II Cf. Œuvres comiques, galantes et littéraire de Cyrano de Bergerac, Paris, 1858 pp. 251 – 280.
Par Enguerrand - Publié dans : Poésies et Théâtre
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Jeudi 1 mai 2008 4 01 /05 /Mai /2008 22:03

Scène V

Paquier, Corbineli.


Paquier.


Voilà ce que c'est que d'aller aux galères. Qui Diable le passerait ? Peut-être que, s'il eût eu la patience d'attendre encore huit jours, le roi l'y eût envoyé en si bonne compagnie, que les turcs ne l'eussent pas pris.


Corbineli.


Notre domine ne songe pas que ces turcs me dévorent ?


Paquier.


Vous êtes à l'abri de ce côté-là, car les mahométans ne mangent point de porc.


Scène VI.

Granger, Corbieli, Paquier.


Granger.


Tiens, va-t'en, emporte tout bien ! (Granger revient lui donner une bourse, et s'en retourne en même temps.)


Scène VII.

Corbineli, Charlot.


Corbineli, frappant à la porte de la Tremblaie.


Montjoie Saint-Denis ! Ville gagnée ! Accede, Granger le jeune, accede. O le plus heureux des hommes ! ô le plus chéri des Dieux ! Tenez, prenez, parlez à cette bourse, et lui demandez ce que je vaux.


Charlot.


Allons vite, allons inhumer cet argent, mort pour mon père, au coffre de Mademoiselle Genevote : ce sera de bon cœur, et sans pleurer, que je rendrai les dernier devoirs à ce pauvre trépassé. Et cependant admirons la médisance du peuple, qui jurait que mon père, bien loin de consentir au mariage de Mademoiselle Genevote et de moi, prétendait lui-même à l'épouser ; et voici que pour découvrir l'imposture des calomniateurs, il envoie de l'argent pour les frais de nos cérémonies.


Scène VIII.


Granger, Paquier.


Fortune, ne me regarderas-tu jamais qu'en rechignant ? Jamais ne riras-tu pour moi ?


Paquier.


Ne savez-vous pas qu'elle est sur une roue, Damoiselle Fortune ? Elle serait bien ladre d'avoir envie de rire. Mais, Monsieur, assurément que vous êtes ensorcelé ?


Granger.


As-tu quelquefois entendu frétiller sur le minuit dans ta chambre quelque chose noir ?


Paquier.


Vraiment, vraiment. Tantôt j'entends traîner des chaînes à l'entour de mon lit ; tantôt je sens coucher entre mes draps une grande masse lourde ; tantôt j'aperçois à notre âtre une Vieille toute ridée se graisser, puis, à califourchon sur  un balai, s'envoler par la cheminée ; enfin, je pense que notre collège est l'icône, le prototype et le père-grand du château de Bicètre.


Granger.


Il serait donc à propos, ce me semble, de prendre garde à moi. Quelque incube pourrait bien venir habiter avec ma filler, et faire pis encore, butinant les reliques de mon chétif et malheureux Gaza. Ma foi ! pourtant, Diables follets, si vous attendez cela pour dîner, vous n'avez qu'à dire Grâces : je m'en vais faire prendre à toutes mes chambres chacune une médecine d'eau bénite. Ils pourraient bien toutefois me voler d'un côté, quand je les conjurais de l'autre. N'importe, Paquier ; va-t'en chercher, sous mes grandes armoires, un vieux livre de Plain-Chant ; déchire-la par morceaux, et en attache un feuillet à chaque avenue de ma chambre, comme aux portes, aux fenêtres, à la cheminée, et principalement enduis-je un certain coffre-fort, fidèle, dépositaire de mon magasin. Ecoute, écoute Paquier : il vient de me souvenir que les démons s'emparent des trésors égarés ou perdus. De peur que quelqu'un d'eux ne vienne à se méprendre, souviens-toi bien d'écrire, sur la pièce de came qui couvre la serrure, mais en gros caractères : Il n'est égaré, ni perdu, car je sais bien qu'il est là. Je me veux divertir de ces pensées mélancoliques : ces imaginations sépulcrales usent bien souvent l'âme auparavant le corps. Paquier, adesto, va-t'en au logis de ma toute belle navre-cœur : souhaite-lui de ma part le bonjour, qu'elle ne me donne pas ; parle-lui avantageusement de mon amour, et surtout ne l'entretiens que de feux, de charbons et de traits. Va vite, et reviens m'apporter la réponse.

Acte II Cf. Œuvres comiques, galantes et littéraire de Cyrano de Bergerac, Paris, 1858 pp. 251 – 280.
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Jeudi 1 mai 2008 4 01 /05 /Mai /2008 21:45

Scène III.

Granger, Gareau, Manon, Fleury.

 

Manon.

 

Quel démêlé donc, mon pauvre Jean, avais-tu avec ce capitaine ?

 

Gareau.

 

Aga, ou me venet ravodé da se philosophie. Ardé, tenez, c’est tout fin dret comme ce grand cocsigriue de Monsieu du Meny, vous savez bian ? qui avet ces grands penaches, quand je demeurais chez Mademoiselle de Carnay. Dame, pelamor, qu’oul étet brave comme le temps, qu’oul luiset dans le moulé, qu’oul jargonet par escousses des Anes à Batiste, de Pères Paticiers, il velet que je l’y fisiesmes tretous l’obenigna. Pelamor, itou, à ce que suchequeint les médiseux, qu’avec Mademoirelle nostre Metraisse, il boutet cety-cy dans cety-là. (ce n’est pas ce nonobstant, comme dit l’autre, pour ce chore là, car, ardé, bonne renommée vaut mieux que ceinture dorée.) Mais, par morguoy sphesmon, c’étet un bel oiseau pour torner un tantet trabusté de l’entendement. Bonnefy, la barbe l’y étet venue devant eune bonne ville : ol l’y étet venue devant Sens. Ce Jean, qui de tout se mêle, il y a déjà eune bonne escousse da, s’en venit me ramener avos les échegnes eune houssene de dix ans. Vartigué, he n’était pas gentizome, pour me battre en deuil, mais … O donc c’étet Mademoirelle nostre Metraisse qui m’avet loué, et stanpandant il voulut, ce dit-il, me faire, ce dit-il, enfiler la porte. « Oh ! ce me fit-il, je te ferrai bian enfiler la porte, ce fit-il. » Guian cette parole-là me prenit au cœur. « Oh ! par la morguoy, ce l’y fis-je, vous ne me ferais point enfiler la porte ; et pis, au fons, ce l’y fis-je, si Mademoiselle veut que je l’enfile, je l’enfilerai bian, mais non pas pour vous. »

 

Granger.

 

Or çà, notre gendre, mettons toutes querelles sous le pied, et donnons-leur d’un oubli à travers les hypocondres. Si l’Hyménée porte un flambeau, ce n’est pas celui de la discorde ; il doit allumer nos cœurs, non pas notre fiel ; c’est le sujet qui nous assemble tous. Voilà ma fille, qui voudrait déjà qu’on dît d’elle et de vous : Sub, super, in sbter, acsi junguntur utroque, in vario sensu.  

 

Manon.

 

Mon père, je ne suis pas capable de former des souhaits, mais de seconder les vôtres ; conduisez ma main dans celle que vous avez choisie, et vous verrez votre fille, d’un visage égal, ou descendre, ou monter.

 

Granger.

 

Rien donc ne nous empêche plus de conclure cet accord, aussitôt que nous saurons les natures de votre bien.

 

Fleury.

 

Là donc, ne perdons point de temps.

 

Granger.

 

Vos facultés consistent-elles en rentes, en maison ou meubles ?

 

Gareau.

 

Dame, oui, j’ai très bian de tout ça par le moyan d’un héritage.

 

Granger.

 

Qu’on donne promptement un siège à Monsieur. Manon, saluez votre mari. Cette succession est-elle grande ?

 

Gareau.

 

Elle est de vint mille frans.

 

Granger.

 

Vite, Paquier, qu’on mette le couvert !

 

Gareau. (Il se met dans une chaise.)

 

Là, là, vous moquez-vous ? rasubez vostre bonet ; entre nous autres, il ne faut point tant de fresme, ni de simonies. Eh ! qu’est-ce donc ? Nostredinse n’en diret que je ne nous connaissiens plus. Quoi, ous avez bouté en oblivianve de quand ous équiais au chaquiau ? Praguene, alez, ous n’équiais qu’un petir navet en ce temps-là, ous estes à cette heure-ci eune citrouille bian grosse. Vrament, laissez faire, je pense que, Guiau marcy, j’avons bian sarmoné de vous, feu nostre mainagere et moi. Si vous étet venu des cornes toutes les fois que les oreilles vous ont corné (ce que j’en dis pourtant, ce n’est pas que j’en parle, ce crois-je bian qu’ous en avez assez sans nous), tanquia que, ô ! donc, pour revenir à nostre conte, jernigai, j’équiesmes tous deux de méchantes petites varmines. J’alliesmes vreder avaux ces bois. Et, y à propos, regardez, ce n’étet que le Clocu Fili Davi ! Ouis équiais un vrai Juy d’Avignon en ce temps-là ; ous équias toujours à pandiller entour ces cloches, et y à sauter comme un maron. Oh bian, mais ce n’est pas le tout que des choux, il faut de la graisse.

 

Granger.

 

Avez-vous ici les contrats acquisitoires de ces héritages-là ?

 

Gareau.

 

Nenain, vrament, et si l’on ne me les veut pas donner, mais je me doute de ce qu’oul y a. Testigué, je m’amuse bian à des papiers, moi ! Hé ! ardé, tous ces brinborions de contrats, ce n’est que de l’écriture qui n’est pas vraie, car ol n’est pas moulée. Hobian, acoutez là, c’est une petite sussion, qui est vrament bian grande da, de Nicolas Girard ; eh là, le père de ce petit Louis Girard, qui étet si semillant, ne vous sauriais-vous recorder ? c’est ly qui s’alit neger à la grande mare. O bian, son père est mort, et si je l’avons conduit en tare, s’il a plu à Guieu, sans reporche, comme dit l’autre. Ce pauvre Guiebe étet allé dénicher des pies sur l’orme de la commère Massée : dame, comme oul étet au copiau, le vela, bredi, breda, qui commence à griller tout avaux les branches, et cheit eune grande escousse, pouf, à la renvarse. Guieu benit la Cresquianté ! je crois que le cœur l’y écarbouillit dans le ventre, car oul ne sonit jamais mot, ne grouillit, sinon qu’oul grimonit en trépassant : « Guiebe set de la Pie et des Piaux ! » O donc ly il étet mon compère, et sa femme ma comère. Or ma comère, pis que comère y a, auparavant que d’avoir épousé mon compère, avet épousé en preumiers nopces le cousin de la bru de Piare Olivier, qui touchet de bian près à Jean Henault, de par le gendre du biaufrère de son oncque. Or, cely-ci, retenez bian, avet eu des enfans de Jaqueline Brunet, qui mourirent sans enfans ; mais il se trouve que le neveu de Denis Gauchet avet tout baillé à sa femme par contrat de mariage, à celle fin de frustriser les heriquier de Thomas Plançon, qui devient y rentrer, pis que sa mère-grand n’avet rian laissé aux mineux de Denis Vanel l’esné : or il se trouve que je somes parens en queuque magniere de la veufve de Denis Vanel le jeune, et, par conséquent, ne devons-je pas avoir la sussion de Nicolas Girard ?

 

Granger.

 

Mon ami, je fais ouvrir à ma conception plus d’yeux que n’en eut jamais le gardien de la vache Io, et je ne vois goutte en votre affaire.

 

Gareau.

 

O Monsieu, je m’en vas vous l’éclairer aussi finement claire que la voix des enfants de chœur de nostre vilage. Acoutez donc : il faut que vous sachiez que la veufve de Denis Vanel le jeune, dont je some parens en queuque magniere, étet fille du second lit de Georges Marquiau, le biaufrère de la sœur du neveu de Piare Brunet, dont j’avons tant fait mention ; or, il est bian à clair que si le cousin de la bru de Piare Olivier, qui touchet de bian près à Jean Henault, de par le gendre du biaufrère de son oncque, étet ere des enfans de Jacielaine Brunet trépassés sans enfans, et qu’après tout ce tintamare-là, on n#avet rian laissé aux mineux de Denis Vanel le jeune, j’y devons rentrer, n’est-ce pas ?

 

Granger.

 

Paquier, repliez la nappe. Monsieur n’a pas le loisir de s’arrêter. Ma foi, beau Sire, depuis le jour que Cupidon ségregea la lumière du chaos, il ne s’est point vu sous le soleil un démêlé semblable. Dédale et son labyrinthe en ont bien dans le dos. Je vous remercie cependant de l’honneur qu’il vous plaisait nous faire : vous pouvez promener votre charrue ailleurs que sur le champ virginal du ventre de ma fille.

 

Manon.

 

Les valets de la fête vous remercissont.

 

Fleury.

 

Vous avez bon courage, mais les jambes vous faillent.

 

Greau.

 

Ma foi voire ; aussi bian, n’en velai-je pus. J’aime bian mieux eune bonne grosse mainagere, qui vous travaille de ses six doigts, que non pas de ces Madames de Paris qui se fesont courtiser des courtisans. Vous verrais ce Galouriaux, tant que le jour est long, leur dire : Mon cœur, mamour, parci, parlà. Je veux bian. Le veux-tu bian ? Et pis c’est à sabouler, à se patiner, à plaquer les mains, au commencement sur les joues, pis le cou, pis sur les tripes, pis sir le brinchet, pis encore pus bas, et ainsi le visse glisse. Stanpandant, moi qui ne veux pas qu’on me fasse des trogedies, si j’avoüas trouvé queuque Ribaut licher le morviau à ma femme, comme cet affront-là frappe bian au cœur, peut-être que, dans le désespoir, je emporteroüas à jeter son chapiau par les frenestres, pis ce seret du scandale. Tigué, queuque gnias !

 

Granger.

O espérance futiles du concept des humains ! De même que les chats, tu ne flattes que pour égratigner, Fortune malicieuse !

Scène IV
Corbineli, Granger, Paquier.

 

Corbineli.

 

Elle n’est pas seulement malicieuse, elle est enragée. Hélas ! tout est perdu, votre fils est mort.


Granger

 

Mon fils est mort ! Es-tu hors de sens ?

 

Corbineli.

 

Non, je parle sérieusement. Votre fils, à la vérité, n’est pas mort, mais il est entre les mains des turcs.

 

Granger.

 

Entre les mains des turcs ? Soutiens-moi, je suis mort !

 

Corbineli.

 

A peine étions-nous entrés en bateau pour passer de la porte de Nesle au quai de l’école …

 

Granger.

 

Et qu’allais-tu faire à l’école, baudet ?

 

Corbineli.

 

Mon maître, s’étant souvenu du commandement que vous lui avez fait d’acheter quelque bagatelle qui fût rare à Venise et de peu de valeur à Paris, pour en régaler son oncle, s’était imaginé qu’une douzaine de cotrets n’étant pas chers, et ne s’en trouvant point, par toute l’Europe, de mignons comme en cette ville, il devait en porter là : c’est pourquoi nous passions vers l’école pour en acheter ; mais, à peine avons-nous éloigné la côte, que nous avons été pris par une galère turque.

 

Granger.

 

Eh ! de par le cornet retors de Triton, Dieu marin ! qui jamais ouït parler que la mer fût à Saint-Cloud ? qu’il y eût là des galères, des pirates, ni des écueils ?

 

Corbineli.

 

C’est en cela que la chose est plus merveilleuse ; et, quoique l’on ne les aie point vue en France que là, que sait-on s’ils sont point venus de Constantinople jusqu’ici entre deux eaux ?

 

Paquier.

 

En effet, Monsieur, les topinambours, qui demeurent quatre ou cinq cents lieues au delà du monde, vinrent bien autrefois à Paris ; et, l’autre jour encore, les polonais enlevèrent bien la Princesse Marie, en plein jour, à l’hôtel de Nevers, sans que personne osât branler.

 

Corbineli.

 

Mais, ils ne se sont pas contentés de ceci : ils ont voulu poignarder votre fils …

 

Paquier.

 

Quoi ! sans confession ?

 

Corbineli.

 

S’il ne se rachetait par de l’argent.

 

Granger.

 

Ah ! les misérables ! c’était pour incuter la peur dans cette jeune poitrine.

 

Paquier.

 

En effet, les turcs n’ont de garde de toucher l’argent des chrétiens, à cause qu’il a une croix.

 

Corbineli.

 

Mon maitre ne m’a jamais pu dire autre chose sinon : « Va-t’en trouver mon père, et lui dis … » Ses larmes, aussitôt suffoquant sa parole, m’ont bien mieux expliqué, qu’il n’eût su faire, les tendresses qu’il a pour vous.

 

Granger.

 

Que diable aller faire aussi dans la galère d’un turc ? d’un turc ! Perge.

 

Corbineli.

 

Ces écumeurs impitoyables ne me voulaient pas accorder la liberté de vous venir trouver, si je ne me fusse jeté aux genou du plus apparent d’entre eux. « Eh ! Monsieur le Turc, lui ai-je dit, permettez-moi d’aller avertir son père, qui vous envoiera tout `l’heure sa rançon. »

 

Granger.

 

Tu ne devais pas parler de rançon. Ils se seront moqués de toi ?

 

Corbineli.

 

Au contraire ; à ce mot, il a un peu rasséréné sa face. « Va, m’a-t-il dit ; mais, si tu n’es ici de retour dans un moment, j’irai prendre ton maître dans son collège, et vous étranglerai tous trois aux antennes de notre navire. » j’avais si peur d’entendre encore quelque chose de plus fâcheux, ou que le Diable ne me vint emporter étant en la compagnie de ces excommuniés, que je me suis promptement jeté dans un esquif, pour vous avertir des funestes particularités de cette rencontre.

 

Granger.

 

Que Diable aller faire dans la galère d’un turc ?

 

Paquier.

 

Qui n’a peut-être pas été à confesse depuis dix ans.

 

Granger.

 

Mais penses-tu qu’il soit bien résolu d’aller à Venise ?

 

Corbineli.

 

Il ne respire autre chose.

 

Granger.

 

Le mal n’est donc pas sans remède. Paquier, donne-moi le réceptacle des instruments de l’immortalité, Scriptorium scilicet.


Corbineli.

 

Qu’en désirez-vous faire ?

 

Granger.

 

Ecrire une lettre à ces turcs.

 

Corbineli.

 

Touchant quoi ?

 

Granger.

 

Qu’ils me renvoient mon fils, parce que j’en affaire ; qu’au reste ils doivent excuser la jeunesse, qui est sujette à beaucoup de fautes ; et, que, s’il lui arrive une autre fois de se laisser prendre, je leur promets, foi de docteur, de ne leur en plus obtondre la faculté auditive.

 

Corbineli.

 

Ils se moqueront, par ma foi, de vous.

 

Granger.

 

Va-t’en donc leur dire, de ma part, que je suis tout prêt de leur répondre par-devant notaire, que le premier des leurs qui tombera entre les mains, je le leur renvoierai pour rien … Ah ! que Diable, que Diable aller faire en cette galère ? … Ou dis-leur qu’autrement, je vais m’en plaindre à la justice. Sitôt qu’ils l’auront remis en liberté, ne vous amusez ni l’un ni l’autre, car j’ai affaire de vous.

 

Corbineli.

 

Tout cela s’appelle dormir les yeux ouverts.

 

Granger.

 

Mon Dieu ! faut-il être ruiné à l’âge où je suis ? Va-t’en avec Paquier ; prends le reste du teston que je lui donnai pour la dépense il n’y a que huit jours … Aller sans dessein dans une galère ! … Prends tout le reliquat de cette pièce… Ah ! malheureuse géniture, tu me coûtes plus d’or que tu n’es pesant ! … Paye la rançon, et ce qui restera, emploie-le en œuvres pies … Dans la galère d’un turc ! … Bien, va-t’en ! … Mais, misérable, dis-moi, que Diable allais-tu faire dans cette galère ? … Va prendre, dans mes armoires, ce pourpoint découpé que quitta feu mon père l’année du grand hiver …

 

Corbineli.

 

A quoi bon ces fariboles ? Vous n’y êtes pas. Il faut tout au moins ce pistoles pour sa rançon.

 

Granger.

 

Cent pistoles ! Ah ! mon fils, ne tient-il qu’à ma vie, pour conserver la tienne ? Mais cent pistoles ! … Corbineli, va-t’en lui dire qu’il se laisse pendre sans dire mot ; cependant qu’il ne s’afflige point, car je les en ferai bien repentir.

 

Corbineli.

 

Mademoiselle Genevote n’était pas trop sotte qui refusait de vous épouser, sur ce que l’on l’assurait que vous étiez d’humeur, quand elle serait esclave en Turquie, de l’y laisser.

 

Granger.

 

Je les ferai mentir … S’en aller dans la galère d’un turc ! Hé, quoi faire, de par tous les Diables, dans cette galère ? O galère, galère, tu mets bien ma bourse aux galères !

 

Note: Seize ans après la première édition du Pédant joué, En 1674, Molière eût emprunté cette fameuse scène à Bergerac pour la placer dans les Fourberies de Scapin (acte II, scène XI).

Acte II, Cf. Œuvres comiques, galantes et littéraire de Cyrano de Bergerac, Paris, 1858 pp. 251 – 280.
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Jeudi 1 mai 2008 4 01 /05 /Mai /2008 20:58

Acte II

Scène première.

 

Châteaufort, seul.

Il s’interroge et se répond lui-même.

 
Vous vous êtes battu ? Et donc ? Vous avez eu avantage sur votre ennemi ? Fort bien. Vous l’avez désarmé ? Facilement. Et blessé ? Hon. Dangereusement, s’entend ? A travers le corps. Vous vous éloignerez ? Il le faut ! Sans dire adieu au roi ? Ha, a, a. Mais cet autre, mordiable ! de quelle mort le ferons-nous tomber ? De l’étrangler comme Hercule fit Antée, je ne suis pas bourreau. Lui ferai-je avaler toute la mer ? le monument d’Aristote est trop illustre pour un ignorant. S’il était maquereau, je le ferais mourir en eau douce. Dans la flamme, il n’aurait pas le temps de bien goûter la mort. Commanderai-je à la terre de l’engloutir tout vif ? Non, car comme ces petits genitlâtres sont accoutumés à manger leurs terres, celui pourrait bien manger celle qui le couvrirait. De le déchirer par morceaux, ma colère ne serait pas contente, s’il restait de ce malheureux un atome après sa mort. O Dieu ! je suis réduit à n’oser pas seulement lui défendre de vivre, parce que je ne sais comment le faire mourir !

Scène II.

Gareau, Châteaufort.

 

Gareau.

 

Vartigué, vela de ces mangeux de petits enfants ! La vegne de la courtille : belle montre, et peu de rapport.

 

Châteaufort.

 

Où vas-tu, bon homme ?

 

Gareau.

 

Tout devant moi.

 

Châteaufort.

 

Mais, je te demande où va le chemin que tu suis ?

 

Gareau.

 

Il ne va pas, il ne bouge.

 

Châteaufort.

 

Pauvre, ce n’est pas cela que je veux savoir. Je te demande si tu as encore bien du chemin à faire aujourd’hui ?

 

Gareau.

 

Nanain da, je le trouverai tout fait.

 

Châteaufort.

 

Tu parois, Dieu me damne, bien gaillard, pour n’avoir pas dîné ?

 

Gareau.


Dix nés ? qu’en fera-je dix ? il ne m’en faut qu’un.

 

Châteaufort.

 

Quel Docteur ! Il ne sait autant que son curé.

 

Gareau.

 

Aussi si-je ; n’est pas bian curé, qui n’a rien au ventre ? Hé ! là, ris, Jean, on te frit des œufs. Testigué, est-ce à cause qu’ous êtes Monsieu, qu’ous faites tant de menes ? Dame, qui tare a, guare a. Tenez, n’avous point veu malva ? Bonhou donc, Monsieu, s’tules : hè qu’est-ce donc ? je pense donc qu’ous me prandrais pour queuque inorant ? Hé ! si tu es riche, disne deux fois. Aga, quien, qui m’a angé de ce galouriaut ? Boneti sfesmon ! vela un homme bien vidé ; vela un angein de belle déguesne ; vela un beau vaissiau, s’il avet deux saicles sur le cul. Par la morguoi, si j’avouas une scarpe eu un bâton, je ferouas un gentizome tout auqueu. C’est de la noblesse à Maquieu Furon : Va te couché, tu souperas demain. Est-ce donc, pelamor, qu’ous avez un engain de far au côté, qu’ous fetes l’Olbirus et le Vespasan ? Vartigué, ce n’est pas encore come ça. Dame, acoutez, je vous dorais bian de la gaule par sous l’huis, mais, par la morguoi, ne me jouez pas de trogedies, car je vou ferouas du bezot. Jarnigue, je ne sis pas un gniais. J’ai été sans repruche marguillier, j’ai été beguiau, j’ai été porto-frande, j’ai été chasse-chien, j’ai été guieu et guiche, je ne sais pus qui je sis. Mais ardé de tout ça, brerrrrr, j’en dis du Mirliro, permets que j’aie de Stic.

 

Châteaufort.

 

Malheureux excommunié, voilà bien du beau style.

 

Gareau.

 

Monsieu de Marsilly m’apelet bian son bâtar. Il ne s’en est pas falli l’époisseur d’un tornas, qu’il ne m’ait fait aprenti conseillé. « Vien çà, ce me fit-il une fois, gros fils de putain (car j’équions tout comme deux freres ? je veux, ce fit-il, que tu venais, ce fit-il, autour de mois, ce fit-il, dans la Turquise, ce me fit-il.- O ! ce l’y fis-je, cela vous plaît à dire. – Non est, ce me fit-il. – O ! si est, ce l’y fis-je. – O ! ce me fis-je à part moi : Ecoute, Jean, ne faut point faire le bougre, faut sauter, « Dame, je ne fesi point de défigurance davantage, je me bouti avec li cahin caha, tout à la maxite Françoase. Mais quand on gn’y est, on gn’y est. Bennefi, pourtant je paraissi un sot basquié, un sot basquié je paraissi ; car Martin Binnet … Et y à propos Denis le Balafré, son onque, ce grand ecné, s’en venit l’autre jour la remontée lanterner environ moi. Ah ! ma foi, ma foi, je pense que, Guieu marci, je vous l’y ramenis le plus biau chinftegniau sus le mousrafa qu’oul l’y en demeuri les badigoines écarbouillées tant avaux l’hyvar. Que Guibe aussi ! Tous les jours que Guieu feset, ce bagnoquier-là me ravaudet comme un satan. C’étet sa sœur qui épousit le grand Thiphoine. Acoutez, ol n’a que faire de faire tant l’enhasée, ol n’a goute ne brin de biau. Par ma fi, comme dit l’autre, ce n’est pas grand chose ; la reine de Nior, malheureuse en biauté. Pour son homme, quand oul est déshabillé, c’est un biau cour-nu. Mais regardez un petit : ce n’étet encore qu’une varmene, et si ol feset déjà tant la dévargondée, pour autant qu’ol savet luire dans les sessiaumes, qu’on n’en savet chevir. Ol se carret comme un pou dans eune rogne. Dame, aussi ol avet la voix, reverence parlé, aussi finement claire qu’eune yau de roche. L’en diset que Monsieu le curé avet bian trampé souvent son goupillon dans son benaiquié, mais ardé sont médiseux, les faut laisser dire ; et pis, quand oul auret ribaudé un tantinet, c’est à l’y faire et à nous à nous taire ; pis qu’il donne bian la pollution aux autres, il ne l’oubli pas pour ly, Monsieur le vicaire itou étet d’une humeur bian domicile et bian turquoise ; mais ardé.

 

Châteaufort.

 

Eh ! de grâce, villageois, achève-nous tes aventures du voyage de Monsieur de Marcilly.

 

Gareau.

 

Oh, oh ! ous n’êtes pas le roi Minos, ous êtes le roi Priant, O donc je voyagisme sur l’or riant, et vers la Mardi Terre Année.

 

Châteaufort.

 

Tu veux dire, au contraire, vers l’orient, sur la méditerranée ?

 

Gareau.

 

Eh bian, je me reprends, un var se reprend bian. Mais guian, si vous pensiais que je devisiesme entendre tous ces tintamarres-là, comme vous autres latinisuers, dame, nanain. Et vous, comme guibe déharnachez-vous votre philosophie ? J’arrivismes itou au deux trois de Gilles le Bâtard, dans la Transylvanie, en Béthliau de Galilene, en Harico, au Pays … et pis au Pays … du Beurre.

 

Châteaufort.

 

Que diable veux-tu dire ? Au Pays du Beurre ?

 

Gareau.

 

Oui, au Pays du Beurre. Tanquia que c’est un pays qui est mou comme beurre, et où les gens sont durs comme piare. Ah ! c’est la Graisse ; eh bian, les gens n’y sont-ils pas bian durs, pis que ce sont les Grès ? Et pis, après cela, je nous en allimes, reverence parlé, en un pays si loin, si loin, je pense que mon maître apelet cela le Pays des Bassins, où le monde est noir comme des Antéchrists. Ardé, je crois fixiblement que je n’eussiesmes pas encore cheminé deux glieues que j’eussiesmes trové le paradis et l’enfar. Mais, tenez, tour ce qui me semblit de plus biau à voir, c’est ces petits Sarrasins d’Italise ; cette petite grene d’andouille n’est pas pus grande que savequoi, et s’ils savont déjà parler italian. Dame, je ne fesimes là gueres d’ordure. Je nous bandismes nos caisses tout au bout du monde dans la Turquise, moi et mon maître. Par ma fi, pourtant, je disis, bian tôt à mon maître, qu’oul s’en revenît : « Eh ! quement, quelle vilanie ? Tous ces Turcs-là sont tretous Huguenots comme des chiens. » Oul se garmantet par escousse de keur bailler des exultations à la Turquoise.

 

Châteaufort.

 

Il faut dire des exhortations à la Turque.

 

Gareau.

 

O bian, tanquia qu’il les sarmonet comme il falet.

 

Châteaufort.

 

Ton maître savait donc l’idiome turc ?

 

Gareau.

 

Eh ! vrament oui, oul savet tous ces Géromes-là ; les avet-il pas vus dans le latin ? Son frère itou étet biau savant, mais oul n’étet pas encore si savant, car n’en marmuset qu’oul n#avet appris le latin qu’en français. C’était un bon Nicolas qui s’en alet tout devant ly, hurlu, berlu : n’en eût pas dit qu’oul y touchet, et stanpandant oul marmonet toujours dans une bâtelée de livres. Je ne me sauras tenir de rire, quand je me ramenteu de noms si biscornus, et si, par le sanguoi, tout ça étet vrai, car oul étet moulé. D’auquns s’intilaient, s’intilaient … ouai ? ce n’est pas encore comme ça : … s’intulaient …, j’y sis casi … S’intulaient … ; s’in, s’in, s’in … tanquia que je m’entends bian.

 

Châteaufort.

 

Tu veux dire : s’intitulaient ?

 

Gareau.

 

Oui, oui, s’in, s’in …, héla qui se faisaient comme vous dites. Vela, tout come il le défrinchet. Je ne sais pus où h’en sis : vous me l’avez fait pardre.

 

Châteaufort.

 

Tu parlais du nom de ces livres.

 

Gareau.

 

Ces livres donc, pis que les livres y a. Ouais ? Ah ? je sais bian ; oul y avet des Amas de Gaules, des Cadets de Tirelire et des Aînés de Vilgiles.

 

Châteaufort.

 

I l faut dire, mon frand ami, des Amadis de Gaule, des Décades de Tite-Live, des Ennéades de Virgile. Mais, poursuis.

 

Gareau.

 

Oh ! par le sangué, va-t’en charcher tes poursuiveux ! Aga, qu’il est raisonnable, aujourd’hui, il a mangé de la soupe à neuf heures. Eh ! si je ne veux pas dire comme ça, moi ? Tanquia qu’à la parfin je nous en revinsmes. Il apportit de ce pays-là tant de guiamans rouges, des hemoroides vartes, et une grande épée qui ateindret d’ici à demain. C’est à-tout ces farremens que ces mangeux de petits enfants se batont en deuil. Il apportit itou de petits engingorniaux remplis de naissance, à celle fin de conserver, ce feset-il, k’humeur ridicule, à celle fin de, ce feset-il, de vivre aussi longtemps que Maquieu Salé. Tenez, n’avons point veu Niquedouille, qui ne sauret rire sans montrer les dents ?

 

Châteaufort.

 

Je ne pris pas de la vertu de tes essences.

 

Gareau.

 

O guian sachez que les naissances ont de marveilleuses propretés. (Il le frappe) C’est un certain oignement dont ils vivient si longuement. Mais, mourgué, il me viant de souvenir que vous vouliais tantôt que je vous disi le nom de ces livres. Et, je ne veux pas, moi ; et vous êtes un sot drès là ; et, testigué ous êtes un inorant là dedans. Car, ventregué, si vous êtes un si bon diseux, morgué, tapons-nous donc la gueule comme il faut. Dame, il ne faut tant de beurre pour faire un quartron. Et, quien, et vela pour toi !

 

Châteaufort.

 

Ce coup ne m’offense point ; au contraire, il publie mon courage invincible à souffrir. Toutefois, afin que tu ne re rendes pas indigne de pardon par une seconde faute, encore que ce soit ma coutume de donner plutôt un coup d’épée qu’une parole, je veux bien te dire qui je suis. J’ai fait en ma vie septante mille combats, et n’ai jamais porté botte qui n’ait tué sans confession. Ce n’est pas que j’aie jamais ferraillé le fleuret ; je suis adroit, la grâce à Dieu, et, partant, la science que j’ai des armes, je ne l’ai jamais apprise que l’épée à la main. Mais que cet avertissement ne t’effraye point ; je suis tout cœur, et il n’y a point, par conséquent, de place sur mon corps où tu puisses adresser tes coups sans me tuer. Sus donc, mais gardons la vue, ne portons point de même temps, ne poussons point de près, ne tirons point de second. Mais vite, vite, je n’aime pas tant de discours ; mardieu ! depuis le temps, je me serais mis en garde, j’aurais gagné la mesure, je l’aurais rompu, j’aurais surpris le sort, j’aurais pros le temps, j’aurais coupé sous le bras, j’aurais marqué tous les battements, j’aurais tiré la flanconade, j’aurais porté le coup de dessous, je me serais allongé de tierce sur les armes, j’aurais quarté du pied gauche, j’aurais marqué feinte à la pointe et dedans et dehors, j’aurais estramaçonné, ébranlé, empiété, engagé, volté, porté, paré, riposté, quarté, passé, désarmé, et tué trente hommes.

 

Gareau.

 

Vrament, vrament, vela bian la musicle de Saint-Innocent, la plus grande piqué du monde. Quel embrocheux de limas ! Et quien, quien, vela encore pour t’agacer ! (Il frappe encore.)

 

Châteaufort.

 

 

Je ne sais, Dieu me damne, ce que m’a fait ce maraud : je ne me saurais fâcher contre lui. (Gareau le frappe.) Foi de cavalier, cette gentillesse me charme. Voilà le faquin du plus grand cœur que je vis jamais. (Gareau le frappe encore.) Il faut nécessairement, ou que ce bélître soit mon fils, ou qu’il soit démoniaque. (Il est frappé derechef.) D’égorger mon fils à mon escient, je n’ai garde ; de tuer un possédé, j’aurais tort, puisqu’il n’est pas coupable des fautes que le Diable lui fait faire. Toutefois, ô pauvre paysan ! sache que je porte à mon côté la mère nourrice des fossoyeurs ; que, de la tête du dernier Sophi, je fis un pommeau à mon épée ; que, du vent de mon chapeau, je submerge une armée navale, et que qui veut savoir le nombre des hommes que j’ai tués n’a qu’à poser un neuf, et tous les grains de sable de la mer ensuite qui serviront de zéros. (Il est encore battu.) Quoi que tu fasses, ayant protesté que je gagnerais cela sur moi-même de me laisser battre une fois en ma vie, il ne sera pas dit qu’un maraud comme toi me fasse changer de résolution. (Gareau se retire en un coin du théâtre, et le capitaine demeure seul.) Quelque faquin, de cœur bas et ravalé, aurait voulu mesurer son épée avec ce vilain ; mais moi, qui suis gentilhomme d’extraction, je m’en suis fort bien su garder. Il ne s’en est cependant quasi rien fallu, que je ne l’aie percé de mille coups, tant les noires peurs de la bile offusquent quelquefois la clarté des plus beaux génies. En effet, j’allais tout massacrer. Je jure donc aujourd’hui par cette main, cette main dispensatrice des couronnes et des houlettes, de ne plus dorénavant recevoir personne au combat, qu’il n’ait lu devant moi, sur le pré, ses lettres de noblesse ; et, pour une plus grande prévoyance, je m’en vais faire promptement avertir Messieurs les maréchaux qu’ils m’envoient des gardes pour m’empêcher de me battre ; car je sens ma colère qui croit, mon cœur qui s’enfle, et les doigts qui me démangent de faire un homicide. Vite, vite, des gardes, car je ne réponds plus de moi ! Et vous autres, Messieurs, qui m’écoutez, allez m’en quérir tout à l’heure, ou, par moi, tantôt vous n’aurez point d’autre lumière à vous en retourner, que celle des éclairs de mon abre, quand il vous tombera sur la tête ; et la raison est que je vais, si je n’ai un garde, souffler d’ici le soleil dans les cieux comme une chandelle. Je te massacrerais, mais tu as du cœur et j’ai besoin de soldats. (Gareau, revenant, le frappe encore, et le capitaine s’en va.)

Je ne sais, Dieu me damne, ce que m’a fait ce maraud : je ne me saurais fâcher contre lui. (Gareau le frappe.) Foi de cavalier, cette gentillesse me charme. Voilà le faquin du plus grand cœur que je vis jamais. (Gareau le frappe encore.) Il faut nécessairement, ou que ce bélître soit mon fils, ou qu’il soit démoniaque. (Il est frappé derechef.) D’égorger mon fils à mon escient, je n’ai garde ; de tuer un possédé, j’aurais tort, puisqu’il n’est pas coupable des fautes que le Diable lui fait faire. Toutefois, ô pauvre paysan ! sache que je porte à mon côté la mère nourrice des fossoyeurs ; que, de la tête du dernier Sophi, je fis un pommeau à mon épée ; que, du vent de mon chapeau, je submerge une armée navale, et que qui veut savoir le nombre des hommes que j’ai tués n’a qu’à poser un neuf, et tous les grains de sable de la mer ensuite qui serviront de zéros. (Il est encore battu.) Quoi que tu fasses, ayant protesté que je gagnerais cela sur moi-même de me laisser battre une fois en ma vie, il ne sera pas dit qu’un maraud comme toi me fasse changer de résolution. (Gareau se retire en un coin du théâtre, et le capitaine demeure seul.) Quelque faquin, de cœur bas et ravalé, aurait voulu mesurer son épée avec ce vilain ; mais moi, qui suis gentilhomme d’extraction, je m’en suis fort bien su garder. Il ne s’en est cependant quasi rien fallu, que je ne l’aie percé de mille coups, tant les noires peurs de la bile offusquent quelquefois la clarté des plus beaux génies. En effet, j’allais tout massacrer. Je jure donc aujourd’hui par cette main, cette main dispensatrice des couronnes et des houlettes, de ne plus dorénavant recevoir personne au combat, qu’il n’ait lu devant moi, sur le pré, ses lettres de noblesse ; et, pour une plus grande prévoyance, je m’en vais faire promptement avertir Messieurs les maréchaux qu’ils m’envoient des gardes pour m’empêcher de me battre ; car je sens ma colère qui croit, mon cœur qui s’enfle, et les doigts qui me démangent de faire un homicide. Vite, vite, des gardes, car je ne réponds plus de moi ! Et vous autres, Messieurs, qui m’écoutez, allez m’en quérir tout à l’heure, ou, par moi, tantôt vous n’aurez point d’autre lumière à vous en retourner, que celle des éclairs de mon abre, quand il vous tombera sur la tête ; et la raison est que je vais, si je n’ai un garde, souffler d’ici le soleil dans les cieux comme une chandelle. Je te massacrerais, mais tu as du cœur et j’ai besoin de soldats. (Gareau, revenant, le frappe encore, et le capitaine s’en va.)

Cf. Œuvres comiques, galantes et littéraire de Cyrano de Bergerac, Paris, 1858 pp. 251 – 280.

Par Enguerrand - Publié dans : Poésies et Théâtre
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Mercredi 30 avril 2008 3 30 /04 /Avr /2008 23:53

Après son accession au trône, l’empereur, s’étant de plus lié par serment, visait désormais à poursuivre une politique au centre de laquelle figurait l’intérêt de l’empire germanique où toute action de faire dépasser le schisme en Allemagne rangeait au premier plan. Après tout, c’est pour ça, que Charles Quint se fût  aussi acharné à garder l’unité de la chrétienté. Un nouveau schisme aurait été tout à fait susceptible de mettre en danger tout son pouvoir. Un pouvoir que était enraciné dans le concept de l’universalité du Moyen Age. Or, la foi, l’Eglise et les pouvoirs temporelles constituaient l’ensemble des membres d’une entité universelle et absolue dont l’essence était l’unité et l’université de ce seule foi. Quand même, une entité qui ne représentait non seulement le Corps du Christ Jésus mais qui fut en réel d’après le dogme le véritable et visible Corps du Seigneur dans ce monde. Donc, les bouleversements religieux en Allemagne qui s’eussent été bientôt associées à de nombreux présomptions politiques aurait pu faire renverser les anciens pouvoirs en Europe. A ce qu’il paraît, Charles Quint eût eu entièrement reconnu l’envergure des évènements. Le chemin de réformes lui semblait le seul possible remède aux maux de l’Eglise. L’aigle de l’Europe n’était point prêt à lâcher proie pour autant. Cet aigle qui tint entre ses serres un empire dont on dit que le soleil s’y couchait jamais n’eût point daigné lâcher un grain de son pouvoir. Le partage au pouvoir, c’était pour lui chose inouïe. Pas de confidences. Pas de confidents. Partout, Charles Quint voyait la traîtrise. D’après l’aperçu qu’il eût eu appréhendé de lui-même Charles Quint était le cavalier parfait dont l’image lui avait été inoculé lors de son enfance. Le cavalier du cygne, impeccable et sans tache. Souverain par la grâce de Dieu. Timonier qui aura dû naviguer ce navire égaré de l’Eglise. Tel un nouveau César, Charles Quint s’apprêtait à gouverner la nef du monde. Le sort même. Le retour des protestants au giron de l’Eglise romaine lui aurait garanti l’unité du Saint Empire. Les réformes,  l’universalité de ses ambitions présomptueux. La sauvegarde de ses idées. C’est par là que se font découvrir ses obsessions.


En outre, Charles Quint eût veillé de près sur toute résolution pris du côté du Concile. Après tout, c’était lui qui eût veillé judicieusement à ce que le Concile ne définît pas un dogme définitif de sorte de faire exclure ceux parmi les protestants qui eût eu encore cherché un issu du problème. Du fait, l’empereur visait à faire sécuriser une harmonie qui était depuis longtemps perdue. A tous coûts, l’empereur voulait faire  pérenniser l’universalité du Moyen Age où était enraciné l’idéal de ses prétentions au pouvoir universel en tant que l’empereur romain qui se fût rangé parmi les Césars de l’antiquité. Alors, son image du monde était toute à fait tombé en pleine déchéance. Quand même, Charles Quint se voyait sauveur de l’Eglise d’antan dont dépendait l’avenir de son empire. Enfin, il voulait éviter toute action susceptible à faire  aggraver les différends entres les groupes religieux de sorte de leur barrer la rentrée au sein de l’Eglise romaine d’autant plus que l’unité lui était indispensable pour la défense de l’Europe contre les attaques osmanlies car les forces turques se furent mis à menacer l’empire de l’est. Après la chute d’Hongroie, l’islam eût en peu de temps débordé les frontières et eût pénétré de plus un plus dans le cœur du continent chrétien immergeant les pays du Balkan dont les peuples étaient assujettis sous le pouvoir du sultan turc. De plus, les assauts turcs eussent ouvert aux ennemis de l’empereur la possibilité de faire nouer de nouvelles alliances puisque les régions les plus menacées appartenaient pour la plupart aux Habsbourg. En effet, cet opportunité eût poussé les princes adversaires aux Habsbourg à s’engager davantage dans une politique plus ou moins pro-turc ce que les aurait amené jusqu'à des entretiens quelconques avec les osmanlis tout en méconnaissant l’imminente menace pour la totalité des libertés de la civilisation européenne à seule fin de garantir leurs ambitions.

Par Enguerrand - Publié dans : La Réforme Catholique au Fil de l'Histoire
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